Abolitioniste, abolitionisme : l’orthographe de ces mots est influencée, à l’origine, par la forme anglaise, avec un seul n. Le Dictionnaire de l’Académie française ne les inclut qu’à partir de son édition de 1835 (Supplément), en indiquant qu’il s’agit de « mots nouveaux nés des orages politiques » aux Etats-Unis, désignant les « partisans de l’abolition de l’esclavage des Noirs en Amérique ».

 Affranchi : esclave ayant été libéré par son maître ou sur ordre d’un gouverneur. L’affranchissement devait faire l’objet d’un acte notarié payant. La majorité des esclaves ne furent affranchis que tacitement par leurs maîtres qui ne payèrent pas la patente de liberté qu’un acte notarié leur aurait procurée : ils furent qualifiés de « nègres de savane », travaillèrent en recevant une rémunération, mais ne purent transmettre leur statut de libre à leur descendance.

Candombé : genre musical et danse d’origine africaine pratiqués en Uruguay et en Argentine.

Candomblé : religion afro-brésilienne fondée sur le culte des orixás. Pratiquée également en Uruguay, au Paraguay, en Argentine et au Venezuela.

Code : du latin Codex, terme désignant un ensemble de règles écrites sur un document ou sur tout autre support.

Commissaire général de la République : corps administratif créé en France sous la Première République (1792-1801). Il s’agit d’un délégué représentant le pouvoir central dans les départements (tel le préfet) ou dans les colonies (tel le gouverneur). Des commissaires généraux de la République remplacèrent les gouverneurs des colonies en mai 1848, jusqu’à la fin de l’année.

Cumbe : refuge fortifié édifié dans des zones montagneuses et boisées par des esclaves fugitifs dans les colonies espagnoles, notamment au Venezuela.

Esclave : mot venant du latin médiéval sclavus, dérivé du latin slavus (slave). Le mot serait apparu pendant le haut Moyen Âge à Venise, où la majorité des esclaves étaient des Slaves.

Grand camp : refuge fortifié édifié dans des zones montagneuses et boisées par des esclaves fugitifs en Guadeloupe et en Martinique.

Marron : esclave fugitif. Le terme est issu de l’espagnol cimarron, lui-même issu du terme utilisé par les populations autochtones des Caraïbes pour désigner un animal domestique en fuite. Le terme « maroon » est utilisé en anglais, ainsi que celui de « runaway ». Les Hollandais désignèrent les marrons de Guyane hollandaise (Suriname) par le terme « boschneger » (nègre de la forêt), devenu « bushinengue ». Le marronnage est le fait, pour les esclaves, de s’échapper des plantations et de s’établir, ou pas, au sein des communautés marronnes des grands camps, palenques, cumbes ou quilombos.

Nouveau libre : nom attribué aux esclaves libérés en 1848 en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et à La Réunion.

Palenque : refuge fortifié édifié dans des zones montagneuses et boisées par des esclaves fugitifs dans les colonies espagnoles (Colombie, Cuba).

Préfet apostolique : dans la religion catholique, ce titre est attribué par le pape à celui qui dirige une communauté qui ne forme pas encore un diocèse, n’étant pas encore profondément « christianisée ». Des préfets apostoliques furent nommés en Guadeloupe (l’abbé Dugoujon) et en Martinique (l’abbé Castelli). Les évêchés de Guadeloupe, Martinique, et de La Réunion furent créés par décret du 3 février 1851. La Guyane resta sous l’égide d’un préfet apostolique jusqu’à la création d’un évêché en 1956.

Quilombo : refuge fortifié édifié dans des zones montagneuses et boisées par des esclaves fugitifs au Brésil. Le mot vient de « kilombo », grands camps fortifiés établis en Afrique, notamment en Angola, entourés de grandes palissades de bois, pouvant abriter plusieurs villages. Les Angolares – captifs angolais naufragés établis à São Tomé – se réfugièrent dans un kilombo qu’ils édifièrent dans la partie montagneuse de l’île. Les Portugais les assaillirent pendant plusieurs décennies.

Santeria : religion d’origine africaine (Yoruba) pratiquée aux Caraïbes (notamment à Cuba, en Colombie, au Venezuela).

Société » ou « convoi » d’esclaves : terme désignant des groupements communautaires d’esclaves mentionnés dans les sources en Guadeloupe et en Martinique à partir de la fin du XVIIIe siècle. Il s’agit de sociétés d’entraide, notamment actives lors du décès d’un esclave ou de fêtes, dont les membres s’identifient à l’aide de rubans de couleurs particulières, de chapeaux ou de tout autre signe distinctif. Les autorités coloniales surveillèrent leurs activités sans les interdire. Ces « sociétés » élisaient rois et reines.

Traite : le terme vient du latin tractare, qui signifie négocier, commercer, traiter.

Vaudou : pratique religieuse des esclaves d’origine africaine développée en Haïti, dans l’ensemble des Caraïbes, au Brésil et en Louisiane sous diverses formes et appellations.