Ecrivains, romanciers et chroniqueurs évoquent, dans la première moitié du XIXe siècle, l’esclavage et la nécessité de son abolition, la lutte de certaines figures d’esclaves contre les discriminations et pour leur liberté.

Ecrire

Victor Hugo situe l’un de ses premiers romans, Bug-Jargal, paru en feuilleton dans Le Conservateur littéraire en 1820, dans le contexte de la rébellion des esclaves de Saint-Domingue en 1791. Bug-Jargal, fils d’un roi africain, raconte sa capture, sa vie en esclavage au fil d’une intrigue qui introduit le lecteur au monde mal connu de la servitude dans les colonies et de la résistance des esclaves. Quant à Honoré de Balzac, il publie Le Nègre en 1822, fortement inspiré de l’Othello de Shakespeare dont il vient d’assister à une représentation. Une autre œuvre de jeunesse, Tamango, de Prosper Mérimée, parue en 1829 dans la Revue de Paris, se situe elle aussi dans cette décennie de rébellions, de procès d’esclaves et « hommes de couleur libres », de répression de la traite illégale et de renaissance du courant abolitionniste français.

Dans ce même contexte, la Revue des Deux Mondes publie en 1830 « Lettres sur la Guadeloupe » d’Eugène Sue. L’écrivain a séjourné dans la colonie en tant que médecin de marine et publie le roman Atar-Gull en 1831. Dénonçant les « indignes traitements que (les colons français) font subir à leurs nègres », Sue raconte l’histoire d’Atar-Gull, esclave modèle, serviteur zélé d’un maître cruel, qui se venge du supplice infligé à son père en empoisonnant le planteur, un « crime (qui est) la conséquence, la déduction logique d’un autre crime », estime Sue.

Gustave de la Boninnière de Beaumont place à la fin du roman Marie ou l’esclavage aux Etats-Unis, écrit en 1835 au terme du périple aux Etats-Unis qu’il a effectué avec Alexis de Tocqueville, une longue « Note sur la condition sociale et politique des Nègres esclaves et des gens de couleur affranchis ». Il annonce son objectif : « Après avoir exposé l’organisation de l’esclavage, je rechercherai si cette plaie sociale peut être guérie ».

Dans Georges, Alexandre Dumas, en 1843, évoque plus directement le racisme et la discrimination auxquels se heurte un jeune homme de couleur à l’île Bourbon.