L’expansion coloniale, les traites humaines, les pratiques de réduction en esclavage ont fait l’objet de multiples représentations, que ce soit de la part d’administrateurs, de voyageurs, de marins, d’écrivains ou d’artistes. Un patrimoine de documents écrits, d’œuvres littéraires, d’objets, de traces archéologiques, d’éléments architecturaux existe aujourd’hui, encore plus ou moins bien repéré et identifié selon les continents concernés.

Les engagements en faveur de la suppression de la traite négrière et de l’esclavage ont donné lieu à de très nombreux modes d’illustration. Les décrets par lesquels ces pratiques ont été interdites furent quant à eux suivis de nombreuses représentations, des œuvres de commande bien souvent, destinées à figurer les événements et à les commémorer. Elles furent des vecteurs essentiels de l’information des visiteurs d’expositions comme des lecteurs de magazines et almanachs illustrés.

En fait, chaque parcelle des côtes et de la terre de colonies telles que la Guadeloupe, la Martinique, comme tout leur environnement insulaire caraïbe, une grande partie des Guyanes ou les îles dites des Mascareignes dans l’océan Indien constituent en eux-mêmes des lieux d’histoire, lieux de traite humaine, lieux d’esclavage, de travail, lieux de résistance. L’histoire est présente jusqu’au plus profond des massifs montagneux, là où s’implantèrent les grands camps des Nègres cimarrons, des espaces qu’une carte de la Basse-Terre de Guadeloupe qualifie par exemple, jusqu’à la fin du XIXe siècle, en tant que « Montagne ou noyau de l’île inaccessible et couvert de bois »…