1848

Adolphe Gatine, le 5 juin 1848, dès son arrivée en Guadeloupe, fait afficher une proclamation dans les bourgs de l’île en se présentant aux nouveaux libres comme leur « père » et leur « meilleur ami » dont il faut « écouter les avis ». Il leur conseille par conséquent de respecter les propriétés des planteurs et de fuir « l’oisiveté ». Husson, directeur de l’Intérieur en Martinique, publie une proclamation en français et en créole dans laquelle il explique, afin de rétablir l’ordre public dans cette colonie où viennent de se produire les émeutes du 22 mai au Prêcheur et à Saint-Pierre, que la liberté venue de Paris est l’œuvre de leurs « maîtres » qui sont intervenus en leur faveur auprès du gouvernement.

Sarda-Garriga, à La Réunion, tente de persuader les esclaves qu’ils sont certes libres, mais surtout redevables :

« N’oubliez pas, frères qui allez être les nouveaux élus de la cité », proclame-t-il, « que vous avez une grande dette à payer à cette société dans laquelle vous êtes prêt d’entrer. [...]. La liberté élève le travail à la hauteur du devoir. Être libre, ce n’est pas la faculté de ne rien faire, de déserter les champs, les industries. Être libre, c’est l’obligation d’utiliser son temps, de cultiver son intelligence, de pratiquer sa religion ».

S’ils se maintiennent au travail, il les « aimera », promet-il, mais s’ils le « désertent », il leur « retirera son affection »... 

À lire aussi :

Dossier d’instructions remis aux commissaires généraux de la République avant leur départ vers les colonies, 7 mai 1848.