1847

Avant l'abolition française, l'esclavage est aboli en 1847 sur l’île de Saint-Barthélemy, suédoise depuis 1784 et port franc à partir de 1785.

En échange de privilèges commerciaux dans les ports de Göteborg et de Wismar, la France, par traité signé le 1er juillet 1784, cède l’île de Saint-Barthélemy à la Suède. L’île est déclarée port franc par édit royal du 7 septembre 1785 et la Compagnie suédoise des Indes occidentales – Svenska Västindiska Kompaniet – gère le développement du commerce international qui s’amplifie notamment avec les États-Unis par le port de Gustavia. Les échanges de marchandises mais aussi d’esclaves font de l’île une plaque tournante qui redistribue pendant des décennies armes et esclaves.

Sous l’influence britannique et mesurant les avantages commerciaux essentiels du statut de port franc, plus que de colonie de production par l’esclavage, la Diète suédoise envisage dès 1841 une éventuelle suppression de l’esclavage à Saint-Barthélemy. Le roi émet en octobre 1843 une ordonnance qui autorise pour les esclaves le droit de pécule et le rachat forcé à leurs propriétaires. En janvier 1845, des « Instructions » royales sont données en vue de « l’émancipation graduelle des esclaves » de la colonie. En 1846, un dénombrement de la population fait état de cent vingt-sept propriétaires d’esclaves dans l’île, ces derniers étant employés essentiellement dans les champs de coton, dans les docks du port et dans la domesticité. La prochaine suppression de l’esclavage étant annoncée, les propriétaires d’esclaves sont engagés à se faire enregistrer auprès de l’administration coloniale afin de pouvoir toucher une indemnisation. The Gradual Emancipation and Slave Appraising Committee (Comité d’émancipation graduelle et d’évaluation des esclaves) se réunit de juin 1846 à avril 1847. 529 esclaves sont évalués. L’abolition est proclamée par le gouverneur James Haarlef Haasum le 9 octobre 1847.