1848

Le décret d’abolition

Le décret du 27 avril 1848 abolit l’esclavage de manière « immédiate », contrairement au précédent britannique qui avait instauré une émancipation « progressive ». Il confère aux « nouveaux libres » un statut et des droits de citoyens et confie à une commission spéciale la préparation d’une indemnisation à verser aux anciens propriétaires d’esclaves. La commission recommande l’introduction dans les colonies de travailleurs agricoles européens, la création de banques, de caisses d’épargne, la concentration foncière et la construction de grandes usines sucrières centrales. Les esclaves, contrairement à la proposition de Schœlcher, ne recevront ni terre, ni compensation financière. De longues discussions sont consacrées par la commission aux moyens d’inciter les affranchis à un « travail régulier ». Un système d’association aux travaux agricoles avec les propriétaires terriens est notamment mis au point, de même que le salariat à la tâche. Une réglementation est tout particulièrement consacrée à la répression du vagabondage et à l’ouverture d’ateliers de discipline et d’ateliers de travail.

Les décrets organiques

Le décret d’abolition lui-même est accompagné de treize décrets organiques, d’arrêtés et instructions qui réglementent divers domaines de la vie tant sociale que politique des colonies sans esclavage :

Pour faire face au « manque de bras » dans les colonies suite à la suppression de l’esclavage, Schœlcher souligne la nécessité d’éviter un renouvellement de « la traite sous une forme déguisée » en demandant que l’Afrique, « pays trop suspect en fait de libres émigrants » soit exclue des lieux de recrutement de travailleurs candidats à l’émigration. La « Résolution sur les immigrations de travailleurs libres aux colonies » limite le recrutement de « travailleurs libres » à Saint-Louis et à Gorée, « sous un contrôle sévère »