1830-1848

Victor Schœlcher se lance dans une quasi carrière abolitionniste dans les années 1830, à l’issue d’un premier voyage aux Amériques qu’il effectue en tant que représentant de la fabrique de porcelaines familiale. Séjournant au Mexique après être passé par New York et Cuba, il rédige ses premiers articles sur le sort des esclaves en 1830. En 1833, dans De la législation coloniale, il publie un projet de réforme des colonies mais n’envisage qu’une abolition progressive de l’esclavage. Il ne se prononce qu’en 1842, au retour d’un second séjour aux Caraïbes effectué en 1840-1841, en faveur d’une émancipation immédiate, sans délai d’apprentissage obligatoire des esclaves. Il laisse des écrits particulièrement précieux sur le système colonial, le régime du travail, les phénomènes de résistance des esclaves et les dysfonctionnements de la justice coloniale, des ouvrages majeurs auxquels puisent parlementaires et publicistes intervenant sur le sujet : Des colonies françaises. Abolition immédiate de l’esclavage (1842), Colonies étrangères et Haïti (1842-1843) et Histoire de l’esclavage pendant les deux dernières années (1847) furent ses ouvrages majeurs de cette période. Mais il tient aussi la chronique coloniale du journal La Réforme.

Il ramène de son second périple aux Caraïbes, en 1840-1841, quantité d’objets de la vie quotidienne obtenus en Guadeloupe, en Martinique, à Antigua, dans les îles Vierges danoises, à Puerto Rico et en Haïti. Il en fait don dans les années 1880 au musée d’ethnographie du Trocadéro à Paris. Ainsi peuvent notamment être conservés une collection de fers, entraves d’esclaves, serrures de cases d’esclaves, un fouet de commandeur et un « couteau de nègre marron » de la Guadeloupe.