Acteurs du processus d’abolition :
compléments d'information

Ces notices sont rédigées en fonction de l’implication des personnalités évoquées dans la lutte contre la traite négrière et l’esclavage. Elles ne sont pas exhaustives au sujet du courant abolitionniste français. Pour des informations complémentaires relatives aux publications des personnages mentionnés, voir Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l’esclavage et réformateurs des colonies, Paris, Karthala, 2000.

 

- Alexander, George William et Scoble, John : abolitionnistes britanniques qui firent plusieurs campagnes en France et en Europe. Auteurs de Liberté immédiate et absolue ou esclavage en 1844, en traduction française.

- Ambert, général : président du Conseil Colonial de la Guadeloupe en 1847-1848.

- Augustin : meneur des révoltés en Guadeloupe en 1736-1737.

- Baudin, capitaine de vaisseau Auguste Laurent François : gouverneur du Sénégal, momentanément écarté par Schœlcher au profit de Bertin-Duchâteau en 1848. Il reprend son poste de gouverneur en novembre 1848.

- Bayano : fondateur du royaume cimarron situé près de Nombre de Dios (Nouvelle-Grenade, Colombie actuelle) au milieu du XVIe siècle. Malgré un traité de paix, les Espagnols détruisent le refuge. Les cimarrons poursuivent toutefois leur lutte et contrôlent la circulation des marchandises d’une rive à l’autre de l’isthme centraméricain.

- Bedford, Pasteur : Quaker, membre de la Société religieuse des Amis, il adresse depuis Londres, en 1839, un Appel aux habitants de l’Europe sur l’esclavage et la traite des Nègres.

- Bissette, Charles Auguste Cyrille : « homme de couleur » libre de Martinique, est accusé en 1823 d’avoir diffusé dans la colonie la brochure intitulée De la situation des gens de couleur libres aux Antilles publiée à Paris, qui déplore l’absence de droits civiques dont peuvent bénéficier les personnes libres. Une série de procès s’en suit à partir de janvier 1824, intentés à Bissette, à ses deux coaccusés, Fabien et Volny, ainsi qu’à plusieurs dizaines d’« hommes de couleur » de la colonie soupçonnés de faire partie du complot. Cent quarante et un prévenus sont déportés vers le Sénégal, soixante autres sont expulsés de la colonie. Bissette, Volny et Fabien sont acquittés en mars 1827, le premier étant toutefois banni de la Martinique pour dix ans. Etabli à Paris, il publie la Revue des Colonies, puis la Revue abolitioniste en 1847. Fin 1847, il édite un fascicule intitulé Martyrologe colonial. Tableau de l’esclavage aux colonies françaises. Il est élu représentant de la Martinique en 1849 dans les rangs des colons, colistier d’Auguste Pécoul. Il meurt à Paris en 1858.

- BOISSY d’ANGLAS, François-Antoine de : membre du Conseil des Cinq-Cents en 1795, il préconise l’assimilation des droits commerciaux et politiques des colons et planteurs afin d’augmenter leur liberté d’entreprise et d’améliorer ainsi la prospérité coloniale.

- BOLIVAR, Simon : Investi dans la conquête de l’indépendance de pays tels que la Colombie, le Venezuela, l’Equateur, le Panama, le Pérou et la Bolivie contre les autorités espagnoles, Bolivar devient vite le symbole de leur liberté et de leur constitution en tant qu’Etats. Il décide en 1816 de libérer les esclaves qui s’enrôleront dans ses armées. Les abolitions décrétées par Bolivar ne sont toutefois pas homologuées par les assemblées locales.

- Boni : chef des cimarrons de Guyane qui donnera son nom à la communauté de fugitifs reconnue en 1860 par une convention franco-hollandaise.

- Brissot, Jacques-Pierre : c’est en février 1788 qu’est créée la Société des Amis des Noirs à Paris, sur le modèle de la Société des Amis de Londres, créée en 1787. Un séjour aux Etats-Unis a en effet sensibilisé Brissot aux arguments antiesclavagistes de ces derniers. Il fonde la société française avec le concours d’Étienne Clavière, financier protestant de Genève, de Condorcet, qui rédige les statuts, de Mirabeau qui assure la diffusion des informations destinées au public par une succession d’articles et de nouvelles publiés dans son journal Analyse des papiers anglais. Le Pasteur Benjamin Sigismond Frossard et Lafayette, La Rochefoucauld, Béthune-Charost, Duport, d’Aiguillon, Sieyès, Lameth, Pastoret et l’Abbé Grégoire sont également membres de la société. La seconde société, active entre 1796 et 1799, ajoutera à son intitulé « et des Colonies », dans l’optique d’une contribution à l’expansion coloniale de la France.

- Broglie, Victor Charles de : pair de France, il prend position en 1822 en faveur de l’abolition de l’esclavage (discours du 28 mars 1822) et préside, à partir de 1825, la Société de la Morale Chrétienne, puis, dès sa création en 1834, la Société pour l’Abolition de l’Esclavage. Après avoir été ministre des Affaires étrangères (1832-1834), président du Conseil (1835-1836), il préside la Commission pour l’examen des questions relatives à l’esclavage et à la condition politique des colonies de 1840 à 1843. Les conclusions de ses travaux et enquêtes ne feront pas l’objet d’une mise en œuvre directe, mais exerceront une influence prépondérante sur les travaux de la Commission d’abolition de l’esclavage en 1848.

- Brown, John : s’empare en octobre 1859, avec quelques partisans, de l’arsenal de Harper’s Ferry en Virginie, dans le but d’organiser la fuite de plusieurs centaines d’esclaves vers le Nord. Après l’échec de l’entreprise, il est pendu en décembre 1859.

- Castelli, abbé Pierre-Paul : a estimé en 1844 que l’esclavage est contraire « au droit naturel » et à la « loi divine ». Préfet apostolique de la Martinique nommé par Schœlcher en 1848.

- Clarkson, Thomas : abolitionniste britannique cofondateur de la Société des Amis à Londres, en 1787. Auteur de An Essay on the Impolicy of the African Slave Trade, il publie en 1822 Le cri des Africains contre les Européens leurs oppresseurs ou coup d’oeil sur le commerce homicide appelé traite des Noirs, ouvrage dans lequel le public peut consulter une grande planche présentant, en coupe, l’aménagement intérieur d’un vaisseau négrier de Liverpool, le Brookes. Il se fait, comme membre essentiel de la British and Foreign Anti-Slavery Society qui a succédé en 1839 à l’Anti-Slavery Society, le conseiller des sociétés antiesclavagistes européennes qui se créent sur le modèle de l’organisme britannique.

- Condorcet, Jean Antoine Nicolas Caritat de : il est l’auteur de Réflexions sur l’esclavage des Nègres paru sous le pseudonyme de Joachim Schwartz en 1781.

- Constant de Rebecque, Benjamin : entre 1820 et 1827, Benjamin Constant réclame à plusieurs reprises à la tribune de la Chambre des députés une loi « forte » contre la traite négrière.

- Cudjoe, Accompong, Cuffee, Quaco et Johnny : chefs de la première Maroon War en Jamaïque, entre 1725 et 1740.

- Dain, Charles : membre d’une famille de colons de Guadeloupe, avocat à Paris, il est élu lors du scrutin législatif de 1848 en Guadeloupe dans les rangs schœlcheristes en tant que suppléant.

- De L’Horme : président du Conseil Colonial de la Martinique en 1847-1848.

- Delgrès, Louis : né en Martinique, « homme de couleur » libre, il devient colonel d’infanterie à Basse-Terre en Guadeloupe et se rallie aux forces rebelles fin 1801. Le capitaine général Lacrosse, qui dirige la colonie, est emprisonné et, chassé, se réfugie à la Dominique. Le général Magloire Pélage nomme alors Delgrès chef de la place de Basse-Terre où il organise la résistance aux troupes du général Richepance, placé à la tête de l’expédition envoyée par Bonaparte. Après avoir rédigé avec ses compagnons la proclamation « A l’univers entier, le dernier cri de l’innocence et du désespoir » le 10 mai 1802, Delgrès disparaît avec environ 500 partisans dans l’explosion du camp du Matouba sur les flancs de la Soufrière, le 28 mai 1802.

- Vesey, Denmark : chef de la rébellion des esclaves de Caroline du sud en 1822.

- Destutt de Tracy, Victor Charles : pair de France, membre fondateur de la Société Française pour l’Abolition de l’Esclavage. Auteur d’un projet d’émancipation présenté devant la Chambre des pairs.

- Dugoujon, abbé Casimir : vicaire de la paroisse de Sainte-Anne en Guadeloupe en 1840-1841 puis préfet apostolique de la colonie en 1848. Les Lettres sur l’esclavage dans les colonies françaises qu’il publie en 1845 demeurent un ensemble de témoignages exceptionnels sur le système esclavagiste et les abus de pouvoir des colons planteurs dans les colonies françaises au XIXe siècle. Son refus de se soumettre aux injonctions du gouverneur Fiéron concernant les horaires d’enseignement qui doivent être réduits et adaptés aux besoins de l’agriculture lui vaut à nouveau un renvoi en France en janvier 1849, pour diffusion d’idées « communistes ».

- Duprat, Pascal : représentant du peuple, collaborateur de La Réforme, membre de la Commission d’abolition de l’esclavage en 1848.

- Dutrône, Henri Philippe Auguste : conseiller honoraire à la cour impériale d’Amiens, cofondateur et secrétaire de la Société Française pour l’Abolition de l’Esclavage.

- Eimar de  Jabrun, François Xavier Justin : délégué des planteurs de Guadeloupe en 1848.

- Enriquillo : cacique chef des esclaves fugitifs réfugiés en Ayti dans les montagnes du Bahoruco entre 1514 et 1533, en lutte contre les troupes espagnoles.

- Equiano, Olaudah : né au Biafra vers 1745, ce fils d’une prospère famille Ebo a été capturé à l’âge de dix ans et transféré du Bénin vers la Barbade, la Virginie et enfin l’Angleterre. Baptisé, il reçoit le nom de Gustavus Vassa et devient marin, combattant notamment pendant la Guerre de Sept Ans. Il achète sa liberté en 1766 pour la somme de 40 livres Sterling et prend part à l’expédition de Mulgrave dans les régions arctiques en 1773. Converti au calvinisme, il devient l’un des opposants les plus déterminés à la traite négrière. Il publie à Londres en 1789, en deux volumes, l’ouvrage Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano or Gustavus Vassa, written by himself, En 1781, il collabore aux côtés de l’abolitionniste Granville Sharp, à l’occasion de l’affaire du navire négrier le Zong.

- Fabien, Louis, fils : « homme de couleur » libre de la Martinique, compagnon et coaccusé dans l’affaire Bissette, il subit la même série de procès entre 1824 et 1827. Il s’associe aux adresses et pétition de Bissette et Volny pour l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.

- Felice, Guillaume Adam de : pasteur, professeur de morale chrétienne à la Faculté protestante de Montauban, il entretient des liens réguliers avec les abolitionnistes britanniques qui financent la publication de son ouvrage Emancipation immédiate et complète des esclaves. Appel aux abolitionnistes, en 1846, année pendant laquelle il cosigne, avec Bissette, une Pétition aux Chambres pour l’abolition de l’esclavage.

- Fiéron, colonel Jacques Amédée Philippe : nommé gouverneur de la Guadeloupe en septembre 1848, il est rappelé momentanément à Paris en mars 1849 pour se justifier de la sévérité de son gouvernement de la colonie et des initiatives qu’il propose pour une reconquête de Haïti. Il est renvoyé en Guadeloupe en décembre1849. Sous son administration, l’état de siège est décrété dans la colonie et de nombreux procès politiques ont lieu en Conseils de guerre.

- France, Joseph : lieutenant de gendarmerie en poste en Martinique, auteur de La vérité et les faits ou l’esclavage à nu.

- Douglass, Frederick : esclave évadé du Sud des Etats-Unis en 1838, il s’installe à Washington où il devient journaliste puis diplomate.

- Froidefonds Desfarges : délégué des planteurs de la Martinique en 1848.

- Frossard, Benjamin Sigismond : pasteur, il s’est adressé à la Convention en décembre 1792 pour estimer que « la traite des Nègres est le plus grand des crimes qu’un gouvernement puisse tolérer, et qu’un homme puisse commettre » et rappeler à cette assemblée les termes de la Déclaration des droits de l’homme : « Tous les hommes naissent et demeurent libres ».

- Garrison, William Lloyd : journaliste, il s’engage dans la lutte pour l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis dans les années 1830. Il fonde la New England Anti-Slavery Society, le journal The Liberator en 1830 puis l’American Anti-Slavery Society qui publie le National Anti-Slavery Standard.

- Gatine, Adolphe Ambroise Alexandre : avocat aux conseils du roi et à la Cour de cassation, défenseur, notamment, des « hommes de couleur » de Martinique accusés de complots et troubles politiques dans les années 1820 et 1830. Membre de la Société Française pour l’Abolition de l’Esclavage, puis de la Commission d’abolition de l’esclavage de 1848, il est appelé aux fonctions de commissaire général de la République en Guadeloupe par Schœlcher en mai 1848.

- Gaumont, Charles : ouvrier horloger, investi dans les mouvements ouvriers parisiens, rédacteur à L’Union, Bulletin mensuel des ouvriers rédigé et publié par eux, il lance en 1844 la Pétition des ouvriers de Paris en faveur de l’abolition de l’esclavage. Appelé par Schœlcher en tant que membre de la Commission d’abolition de l’esclavage puis aux fonctions de secrétaire-archiviste du gouvernement de la Guadeloupe en 1848.

- Gouges, Olympe de : Marie Olympe Gouze, dite Olympe de Gouges, originaire de Montauban, est connue en tant qu’auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, mais aussi pour son militantisme et ses écrits en faveur de l’abolition de l’esclavage. Elle meurt guillotinée à Paris le 3 novembre 1793.

- Grand-Goulou : chef du réseau des « Nègres des bois » en Guadeloupe en 1736-1737.

- Grégoire XVI, Cardinal Louis Lambruschini : auteur d’une tardive bulle, ou lettre apostolique, le 3 décembre 1839, qui « conjure » tous les fidèles de ne plus pratiquer l’esclavage.

- Grégoire, Henri Jean-Baptiste : curé d’Emberménil, député du clergé aux Etats généraux en 1789. Ayant contribué à la rédaction de la Constitution civile du clergé, il est élu évêque constitutionnel. Il se consacre notamment à la cause des Juifs et à celle de l’abolition de l’esclavage. Membre de la Société des Amis des Noirs, il publie de nombreux ouvrages en faveur de la défense de droits égaux entre blancs et « hommes de couleur » libres.

- Haasum, James Haarlef : en tant que gouverneur de la colonie suédoise de Saint-Barthélemy, il y proclame l’abolition de l’esclavage le 9 octobre 1847.

- Hugues, Jean-Baptiste Victor : après avoir administré la Guadeloupe après l’abolition de 1794, c’est sous son administration que l’esclavage est rétabli en Guyane par le règlement général du 5 floréal an XI, 25 avril 1803.

- Husson, Louis Thomas : directeur provisoire de l’Intérieur en Martinique en 1848.

- Jaucourt, Chevalier Louis de : auteur des articles « Traite des Nègres » et « Esclavage » de l’Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une société de gens de lettres.

- Juston, Adolphe : il adresse en 1832 au ministre de la Marine et des Colonies une Lettre d’un magistrat de la Guadeloupe, pour rendre compte de sa conduite et pouvant servir de mémoire à consulter.

- La Rochefoucauld-Liancourt : préconise en mai 1836 devant les pairs de France une abolition sans indemnisation des colons.

- La Tulipe : meneur des révoltés en Guadeloupe en 1736-1737. 

- Lamartine, Alphonse de : propose à la Chambre des députés une indemnisation multiple, destinée tant aux esclaves, aux planteurs qu’à l’Etat. Il prononce trois célèbres discours à la Chambre des députés en faveur de l’abolition.

- Layrle, Jean-François : cet officier de marine réalise une enquête en 1840 au sujet des résultats de l’abolition dans les colonies britanniques. Il est gouverneur de la Guadeloupe en mai 1848.

- Lincoln, Abraham : en 1854, le Parti Républicain inscrit l’abolition de l’esclavage à son programme. Abraham Lincoln, son candidat élu à la présidence en 1860, applique la mesure à toute l’Union à l’issue de la Guerre Civile en 1865. L’abolition de l’esclavage - qui concerne alors environ 4 millions de personnes - devient le XIIIe amendement à la Constitution des Etats-Unis, adopté le 6 décembre 1865.

- Mackau, baron : fait voter des aménagements des règles de l’esclavage, les lois de juillet 1845 et juin 1846, très voisines des mesures prises quinze à vingt ans plus tôt à Londres par le Colonial Office pour les British West Indies.

- Manuel : meneur des révoltés en Guadeloupe en 1736-1737.

- Mathieu, Louisy : ancien esclave, élu comme suppléant de Victor Schœlcher aux élections législatives d’août 1848 en Guadeloupe. Schœlcher ayant été élu en Guadeloupe et en Martinique, choisit le siège de représentant titulaire de la Martinique et laisse son siège de la Guadeloupe à Louisy Mathieu.

- Mestro, Henri-Joseph : directeur du Bureau des Colonies au ministère de la Marine, membre de la Commission d’abolition de l’esclavage en 1848.

- Mongin de Montrol, François : secrétaire de la Société française pour l’Abolition de l’Esclavage, membre de la Commission d’abolition de l’esclavage en 1848.

- Montaigne, Michel de : auteur de textes très critiques au sujet de la conquête des Amériques dans le Livre I des Essais, « Cannibales » et dans le Livre III, « Des coches ».

- Montalembert, comte Charles Forbes René de : journaliste, historien, pair de France en 1831, catholique libéral, membre d’une famille de planteurs de Saint-Domingue, il se livre à la Chambre à une virulente critique des religieux en poste dans les colonies.

- Morenas, Joseph Elzéar : soumet aux députés deux longues pétitions pour l’interdiction de la traite.

- Moret y Prendergast, Segismundo : fait voter une loi d’abolition progressive de l’esclavage par les Cortès en 1870, qui est appliquée à Puerto Rico en 1873 et à Cuba entre 1880 et 1886.

- Narcisse, Jean-Louis, Pierre et Alexis : chefs du complot d’esclaves découvert en 1822 dans les hauteurs du Carbet (Martinique).

- Pariset, Aimé : gouverneur de la Guyane, devient commissaire de la République dans cette colonie en 1848.

- Passot : commandant de Nossi Bé, reste en poste en 1848.

- Passy, Hippolyte : présente le 10 février 1838 une proposition de loi qui affranchirait tous les enfants à naître à partir de sa promulgation.

- Pécoul, Auguste : colon de Martinique, élu représentant en 1849 avec Cyrille Bissette.

- Percin, Louis : avocat d’origine martiniquaise, secrétaire adjoint de la Commission d’abolition de l’esclavage en 1848.

- Perrinon, Auguste-François : « homme de couleur » d’origine martiniquaise, polytechnicien, chef de bataillon d’artillerie de Marine, auteur d’un article sur son expérience d’emploi d’ouvriers « libres » sur ses salines de Saint-Martin. Appelé en tant que membre de la Commission d’abolition de l’esclavage puis aux fonctions de commissaire général de la République en Martinique par Schœlcher en mai 1848.

- Pory-Papy, Pierre : « homme de couleur » libre de Martinique, avocat.

Prosser, Gabriel : chef de la rébellion survenue en Virginie (Etats-Unis) en août 1800.

- Quakers : En 1688 en Pennsylvanie, la Communauté des Amis des Quakers condamne le fait d’« acheter et de garder des Nègres ». En 1774, sous l’impulsion d’hommes tels qu’Anthony Benezet, et Benjamin Rush, ils décident l’exclusion de la communauté de tous ceux qui pratiquent le trafic négrier et, en 1776, de ceux qui, possédant des esclaves, refuseraient de les émanciper. Sous leur influence également, l’Etat du Vermont interdit l’esclavage dans sa constitution en 1777.

- Raynal, Abbé Guillaume-Thomas : curé de l’église Saint-Sulpice à Paris, précepteur, écrivain, il devient directeur du Mercure de France. Il appose son nom en signature de l’Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes en 1770. L’ouvrage, collectif – Diderot y a beaucoup collaboré -  attaque la monarchie, ainsi que le principe de colonisation et fait l’objet d’une interdiction en 1772. Réédité à plusieurs reprises, il est brûlé en place publique sur ordre du Parlement de Paris. Raynal doit se réfugier à la cour de Frédéric II de Prusse puis en Russie, à la cour de Catherine II.

- Reiset, Eugène : délégué des colons de Guadeloupe auprès du ministère de la Marine et des Colonies en 1848.

- Rémusat, Charles de : député de Haute-Garonne, rapporteur de la proposition d’Hippolyte Passy (1838) devant la Chambre des députés.

- Richepance (ou Richepanse), Antoine : général de division, il est nommé commandant en chef, placé à la tête de l’expédition que Bonaparte envoie vers la Guadeloupe en 1802. Il y mène une guerre coloniale encore inédite, procédant à une cruelle répression et à des exécutions massives qui font plus de 10 000 morts chez les insurgés en trois mois. Dans cette colonie, un conseil provisoire considéré comme rebelle avait été constitué sous la direction de Magloire Pélage après l’expulsion de l’amiral Lacrosse, réfugié à la Dominique. Richepance y rétablit l’esclavage par arrêté local du 17 juillet 1802 et meurt de la fièvre jaune en septembre suivant.

- Rostoland, Claude : général de brigade, gouverneur de la Martinique en mai 1848.

- Rousseau, Jean-Jacques : dénonce toute entreprise coloniale dans le Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes (1754) et dans le Discours sur l’économie politique qu’il rédige pour l’Encyclopédie, paru en 1758.

- Rouvellat de Cussac, Jean-Baptiste : exerçant depuis 1829 comme magistrat en Guadeloupe et en Martinique, il est rappelé en France pour insoumission aux règles locales. Schœlcher recommande à son éditeur, Antoine-Laurent Pagnerre, son manuscrit intitulé Situation des esclaves dans les colonies françaises.

- Saramaka et Djuka : communautés marronnes du Suriname (Guyane hollandaise).

- Sarda-Garriga, Joseph Napoléon : nommé commissaire général de la République à La Réunion en 1848.

- Schœlcher, Victor : voir chapitre IV – Les engagements abolitionnistes. Pages « Victor Schœlcher ».

- Sénécal, Léonard : « homme de couleur » libre accusé de complot et de soulèvement des nouveaux libres en Guadeloupe. Membre de la loge maçonnique des Disciples d’Hiram, il est considéré par les autorités comme redoutable meneur, aspirant à l’indépendance de la colonie. Il est condamné le 6 octobre 1851 aux travaux forcés à perpétuité par la Cour d’assises de Basse-Terre, envoyé au bagne de Guyane d’où il sort en 1862 après avoir obtenu une grâce mais avec interdiction de séjourner dans les colonies françaises. Il s’établit en Haïti.

- Sharp, Granville : abolitionniste britannique, cofondateur de la Société des Amis à Londres, en 1787.

- Sismondi, Jean Charles Léonard : économiste d’origine italienne, membre du groupe de Coppet fondé par Germaine de Staël, auteur de plusieurs articles démontrant l’intérêt de l’abolition de l’esclavage.

- Sonthonax, Léger Félicité : commissaire civil envoyé à Saint-Domingue en 1792 avec Polverel et Ailhaud, il y proclame la liberté en août 1793 sous la pression de la révolte des esclaves, sans en référer aux autorités parisiennes.

- Staël, baron Auguste de : fils de Germaine de Staël, il fonde au sein de la Société de la Morale Chrétienne le Comité pour l’abolition de la traite des noirs. Il organise en 1825 une exposition des multiples modèles de fers et entraves de captifs et esclaves qu’il a pu se procurer sur les quais du port de Nantes.

- Tacky : chef de la rébellion des Coromantees en Jamaïque en 1760.

- Tanc, Xavier : magistrat originaire des Hautes-Alpes, il est destitué en 1834 pour avoir dénoncé certaines pratiques de ses confrères des colonies. Juge de paix à Capesterre en Guadeloupe en 1830, il consigne ses observations et publie en 1832 De l’esclavage aux colonies françaises et spécialement à la Guadeloupe.

- Tappan, Arthur et Lewis : fondent l’American Anti-Slavery Society à Philadelphie en décembre 1833.

- Thétis : un des chefs du complot d’esclaves ayant menacé la ville de Saint-Pierre en 1811.

- Thomas, Emile : collaborateur de Louis Blanc au sein de la Commission du Travail du Luxembourg, il est chargé en 1848 d’une mission d’évaluation de la réorganisation du travail dans les colonies où l’esclavage vient d’être aboli et de la nécessité du recours à l’immigration de travailleurs. Il remet en avril 1849 un Rapport à M. le Ministre de la Marine et des Colonies sur l’organisation du travail libre aux Antilles françaises et sur les améliorations à apporter aux institutions coloniales.

- Toussaint Louverture : rallié à l’insurrection puis engagé contre la menace d’invasion anglaise, il est devenu général en chef de l’armée de Saint-Domingue. Il y promulgue, en 1801, une constitution qui rend la colonie quasiment indépendante du pouvoir central et fait de lui le gouverneur général. Napoléon Bonaparte décide alors l’envoi de deux expéditions aux Caraïbes, l’une vers Saint-Domingue, l’autre vers la Guadeloupe. Toussaint Louverture, fait prisonnier en juillet 1802, a été envoyé au fort de Joux (Doubs) où il meurt en avril 1803.

 

- Tubman, Harriet Ross : esclave ancienne fugitive du Sud des Etats-Unis, elle consacre une grande partie de sa vie à l’aide à la fuite des esclaves vers le Nord du pays et le Canada par la voie de l’Underground Railroad.

- Turner, Nat : chef de la rébellion d’août 1831 en Virginie.

- Viefville des Essarts, Jean Louis : député du Vermandois, il soumet en mai 1791 à l’Assemblée nationale un Projet de décret sur l’affranchissement des nègres ou l’adoucissement de leur régime. La proposition n’est ni retenue, ni étudiée.

- Vinçard, Pierre : ouvrier (graveur en bijouterie) et célèbre publiciste, rédacteur à La Ruche populaire puis à L’Union. Membre de la Commission d’abolition de l’esclavage en 1848.

- Volny, Jean-Baptiste : « homme de couleur » libre de la Martinique, compagnon et coaccusé de Bissette et Fabien entre 1824 et 1827.

- Wallon, Henri: historien, auteur d’une Histoire de l’esclavage dans l’Antiquité (1847), secrétaire de la Commission d’abolition de l’esclavage en 1848.

- Wilberforce, William : cofondateur de la Société des Amis à Londres en 1787, il fait voter l’abolition de la traite négrière en 1796 par la Chambre des Communes (entrée en application en 1807). Il meurt en 1833, au lendemain du vote de l’Abolition Bill qui met une fin progressive à l’esclavage.