Période avant 1800

L’arrivée de Christophe Colomb aux Caraïbes est très vite suivie de la traite des populations amérindiennes et de leur réduction en esclavage par l’encomienda, avant l’arrivée des premiers captifs africains. Sur la Terre ferme, dans l’isthme centre-américain, s’érigent les premiers villages fortifiés de nègres cimarrons des Amériques, les palenques. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les populations Karib s’opposent au processus de conquête des îles par les Espagnols, les Anglais, les Hollandais et les Français. Réfugiés dans des « réserves » comme en Guadeloupe ou en Dominique, ou dans des îles dites « neutres », telles Saint-Vincent, Tobago ou Sainte-Lucie, ils sont dans leur grande majorité exterminés par le travail forcé, les guerres et les maladies. Ils ne survivent en fait que dans un processus incessant de résistance.

Leur alliance avec les nègres marrons des plantations provoque l’apparition de communautés de Black Karibs, notamment à Saint-Vincent où l’Angleterre leur livre de véritables guerres jusqu’aux dernières années du XVIIIe siècle. En 1797, plus de 5 000 d’entre eux, prisonniers des Anglais à Saint-Vincent et aux Grenadines, sont déportés vers l’île de Roatan et sur les côtes de la baie du Honduras où ils forment aujourd’hui les communautés des Garifunas du Belize, du Honduras, du Guatemala et du Nicaragua.

Après les premières révoltes et les phénomènes de marronnage qui se produisent sur les côtes d'Amérique du Sud, dans les actuels Venezuela et Colombie, comme à Coro en 1532 ou lors de la révolte de Miguel en 1552, les premiers soulèvements d’esclaves enregistrés dans les archives se produisent à Saint-Christophe en 1639, à la Barbade en 1649, à la Guadeloupe en 1656, à Saint-Domingue en 1671, en Martinique en 1699. Lors de la première révolte connue survenue en Guadeloupe, en 1656, les rebelles « combattaient pour leur liberté [...]. Deux méchants nègres [...] disposèrent de longue main et fort secrètement tous les Nègres d’Angole à massacrer tous les Maistres de cases, à garder leurs femmes, et à créer deux Roys de leur Nation dans l’isle, l’un à Basse-Terre, et l’autre à Capesterre ». Les insurgés, capturés, seront « écartelés, quelques-uns furent rompus tout vifs, d’autres pendus, et pour les jeunes, on se contenta de leur couper les oreilles et de les bien fouetter » (Jean-Baptiste Dutertre).