Période jusqu'à 1890

Les circuits maritimes de traite qui longent les côtes d’Afrique occidentale et orientale avant de traverser l’océan Atlantique vers le Brésil (40 % de ce trafic), les Caraïbes (50 %) et les ports des Amériques continentales transportent, du XVIe à la fin du XIXe siècle, environ quinze millions de captifs. Cette déportation aurait provoqué la mort de cinq fois plus de personnes, selon les dernières estimations. En effet, pour un captif arrivé vivant aux Caraïbes-Amériques, cinq autres seraient morts en Afrique, lors de la capture, des longues marches jusqu’aux régions côtières, de l’emprisonnement dans les entrepôts – les baracoons — en attente des clients venus d’Europe ou pendant la traversée de l’Atlantique, qui peut durer jusqu’à deux mois.

Règles et codes

Les règles de l’esclavage, sans cesse renouvelées, ont de multiples formes, officielles et non officielles. Les coutumes coloniales, jurisprudence sans cesse mise à l’épreuve sur place, prennent régulièrement le pas sur les textes réglementaires en provenance du gouvernement central. Les législateurs élaborent règles et codes, seuls garants de survie légale du système. Les recueils réglementaires dits Codes noirs, les Slave Laws élaborés par les gouvernements européens et par les administrations coloniales locales tout au long des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles sont une succession incessante de lois, ordonnances, décrets et arrêts destinés à maintenir le système en place. Ils doivent colmater les brèches parfois profondes provoquées par les rébellions d’esclaves comme par les quasi guerres entreprises contre les refuges de Nègres cimarrons, et par une peur sociale permanente chez les colons et les administrateurs.